13 juin 2006
Regardez-moi ces photos! Je suis completement bluffée. C'est le résultat d'un atelier photos de 3 semaines seulement... Ils sont trop fort ces gosses!!! L'expo photo les suivra dans leur tournée...
12 juin 2006
11 juin 2006
10 juin 2006
Plus que 8 jours...
Je rentre dans huit jours, et c’est carrément la course ! Encore plein plein de trucs a finir, de choses a voir, ne surtout pas sous-estimer le temps des adieux… Passer dans chaque maison boire le thé, le café, les biscuits qui vont avec, et le poulet qui suit ! Indigestion assurée. Et pourtant j’ai plein de choses a vous raconter.
Mon père est venu me voir pendant 4 jours. En fait c’était même plutôt trois jours mais c’était bien de l’avoir ici! En si peu de temps, on a bien sur fait beaucoup trop de trucs : Jérusalem, Ramallah, Naplouse, Bethléem, Aida… Je voulais tout lui montrer, lui présenter tous mes amis, dans ce pays ou les trajets sont tellement imprévisibles. Bref, on a passe beaucoup de temps sur les routes mais au moins il aura vu la difficulté de circuler, les check-points improvises… Et puis dans ces petit bus ou dans les taxis collectifs, on fini toujours par entamer la conversation avec son voisin.
J’ai adore lui faire découvrir tout ca ! Ca restera trois jours très forts pour moi ici, avec un petit goût de pas assez…
Comme son avion atterrissait a minuit et que j’allais le chercher a l’aéroport, j’avais décidé de passer la journée a Tel-Aviv, histoire de toucher un petit peu a cet « autre cote ». La plage, les bikini, des cafés branches et des magasins carrément hype. Tel-Aviv c’est vraiment un autre monde.
J’ai aussi été très frappée par tous les sans-abris qui traînent dans les parcs. Il n’y en a probablement pas plus qu’en Belgique, mais de ce cote du mur, c’est quelque chose qui n’existe tout simplement pas.
J’avais rendez-vous avec Tsvika, un ami refuznik de Rowa. (Les refuznik ce sont les Israéliens qui refusent de faire leur service militaire.) Il est réalisateur et a fait son film de fin d’études sur Rowa. C’est comme ca qu’ils se sont rencontres. Le film les montre juste tous les deux en train de discuter de tout et de rien dans une voiture qui les emmène on ne sait pas ou… Tsvika était en fait commandant dans l’armée, dans le Golan. Quand il a été mute a Hebron, il s’est rendu compte que les exercices qu’il effectuait dans les montagnes avaient une application concrète sur la population palestinienne. Il a quitte l’armée.
Il m’a emmenée dans un de ces petits bars hors de prix sur la plage, et il était assez stresse de parler de la situation et de sa « refuznikation ». Peur que l’on nous entende… il n’a pas voulu que j’enregistre. Il m’a d’entrée de jeux demande pourquoi je m’intéressais a ce conflit et pas a un autre. Je lui ai répondu que pour moi, c’était le dernier conflit colonial et il etait pas trop de mon avis. Moi je pensais qu’avec un refuznik, je pouvais y aller franchement.
Mais il a commence a m’expliquer qu’il n’y avait que du sable a Tel-Aviv en ’48 et que personne ne vivait ici. « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre », le bon vieil argument sioniste. « De toute facon, ce pays ne leurs a jamais appartenu puisque, déjà avant ’48, ils étaient sous occupation ottomane, puis sous mandat britannique. Et puis, en 47, l’ONU leur a propose un plan de partage, les Israéliens l’ont acceptes, les Palestiniens pas… » J’ai essaye de lui faire comprendre que ce n’etait tout simplement pas acceptable a l’epoque. « Imagine que l’ONU donne aujourd’hui la moitie d’Israel aux survivants du Darfour, sans que les Israeliens soient concertes. L’accepteraient-ils ? » La discussion s’est conclue sur un « ouais, desole, c’est peut-etre injuste mais c’est la guerre. La guerre est injuste et il faut choisir son camp. »
Il ne s’agit pas de guerre mais d’occupation. Un peuple, soutenu par la communaute internationale, en oppresse un autre. Tsvika veut faire des films et des documentaires pour la paix… Mais la paix, elle est entre les mains de son gouvernement. C’est le plus fort qui doit faire le pas. C’est pourtant toujours aux Palestiniens que l’on demande des efforts.
Voila, on etait pas d’accord mais au moins il y a eu moyen de discuter. Et je me suis rendue compte a quel point ils etaient endoctrines. Tsvika est par exemple persuade que le probleme majeur c’est que les Palestiniens les haissent. Ce n’est vraiment pas ce que je constate ici. Quand je parle avec les gens, ils finissent 9 fois sur 10 par me dire que tout ce qu’ils veulent c’est vivre normalement, avoir une vie decente. Ils ne detestent pas les Israeliens, ils detestent leur gouvernement et sa politique sioniste, il detestent les soldats, « mais les gens normaux, on n’a rien contre eux ». J’ai d’ailleurs souvent envie de leur repondre que la quasi totalite de ces « gens normaux » ont fait leur service militaire, mais je me retiens.
La ou je suis d’accord avec Tsvika, c’est que c’est l’Europe qui a permis aux juifs du monde entier de s’installer la. C’etait une belle connerie qu’il serait temps d’essayer de rattraper. Pas en expulsant tous les Israeliens, ce seraient faire la meme betise et ce serait injuste, mais en choisissant une position ferme qui viserait a donner un pays aux Palestiniens aussi, a stopper les colonies et cette politique d’apartheid.
Ce soir-la, j’ai aussi revu Moran, « l’anarchiste contre le mur » que j’avais rencontre a Assira. Autre son de cloche… Lui il est vraiment en desaccord total avec la politique de son gouvernement et il le fait savoir. Il m’a aussi raconte son enfance dans un Kibboutz et les sequelles qu’il en gardait. Bonne soire !
Ci-dessus, le son des vagues de Tel-Aviv… parce que ca fonctionne toujours !
Et puis, quand je suis rentree, on a fait une super fete avec les « boys » pour presenter leur reportage radio sur les droits de l’enfant en Palestine. Ils m’en parlaient depuis des semaines. On a fait un pavé (petits beurres trempes dans du lait, chocolat fondu, petit beurre, chocolat, petit beu…) et ils s’etaient fait super beaux parce qu’ils y avaient les fiiiilles aussi ! Toutes en rose, super appretees, super jolies. Mais attention, c’etaient pas une boum, interdiction de danser !
Ecoutez leur reportage, ca vaut vraiment le coup. Je leurs ai pour finir « vendu » Mickael Jackson pour finir le truc en beaute, mais si quelqu’un a une idee encore plus kitch, je suis preneuse…
Depuis une petite semaine, j’ai commence avec quatre d’entre-eux (ceux qui sont inscrits a Alrowwad) un stage radio intensif, parce que maintenant, Alrowwad a du materiel ! C’etait le cadeau de mon pere quand il est venu ici, leur offrir un MD, un micro, un casque, et tout ce qu’il faut pour qu’ils puissent continuer quand je serais partie. Merci papa !!!
Ils ont choisi de faire un petit reportage qu’ils ont deja intitule « Les falafelles, la nourriture nationale » ! Demain, je leurs explique comment monter leurs sons et vu comme ils sont doues en informatique, ca ne devrait pas poser trop de problèmes.
Et puis le Tom débarque du Caire le 14 normalement… on s’était promis qu’on irait flotter dans la mer morte tous les deux ! Il va probablement rester ici une semaine après que je sois partie et continuer l’atelier radio, histoire qu’ils aient vraiment une bonne base.
Mon père est venu me voir pendant 4 jours. En fait c’était même plutôt trois jours mais c’était bien de l’avoir ici! En si peu de temps, on a bien sur fait beaucoup trop de trucs : Jérusalem, Ramallah, Naplouse, Bethléem, Aida… Je voulais tout lui montrer, lui présenter tous mes amis, dans ce pays ou les trajets sont tellement imprévisibles. Bref, on a passe beaucoup de temps sur les routes mais au moins il aura vu la difficulté de circuler, les check-points improvises… Et puis dans ces petit bus ou dans les taxis collectifs, on fini toujours par entamer la conversation avec son voisin.
J’ai adore lui faire découvrir tout ca ! Ca restera trois jours très forts pour moi ici, avec un petit goût de pas assez…
Comme son avion atterrissait a minuit et que j’allais le chercher a l’aéroport, j’avais décidé de passer la journée a Tel-Aviv, histoire de toucher un petit peu a cet « autre cote ». La plage, les bikini, des cafés branches et des magasins carrément hype. Tel-Aviv c’est vraiment un autre monde.
J’ai aussi été très frappée par tous les sans-abris qui traînent dans les parcs. Il n’y en a probablement pas plus qu’en Belgique, mais de ce cote du mur, c’est quelque chose qui n’existe tout simplement pas.
J’avais rendez-vous avec Tsvika, un ami refuznik de Rowa. (Les refuznik ce sont les Israéliens qui refusent de faire leur service militaire.) Il est réalisateur et a fait son film de fin d’études sur Rowa. C’est comme ca qu’ils se sont rencontres. Le film les montre juste tous les deux en train de discuter de tout et de rien dans une voiture qui les emmène on ne sait pas ou… Tsvika était en fait commandant dans l’armée, dans le Golan. Quand il a été mute a Hebron, il s’est rendu compte que les exercices qu’il effectuait dans les montagnes avaient une application concrète sur la population palestinienne. Il a quitte l’armée.
Il m’a emmenée dans un de ces petits bars hors de prix sur la plage, et il était assez stresse de parler de la situation et de sa « refuznikation ». Peur que l’on nous entende… il n’a pas voulu que j’enregistre. Il m’a d’entrée de jeux demande pourquoi je m’intéressais a ce conflit et pas a un autre. Je lui ai répondu que pour moi, c’était le dernier conflit colonial et il etait pas trop de mon avis. Moi je pensais qu’avec un refuznik, je pouvais y aller franchement.
Mais il a commence a m’expliquer qu’il n’y avait que du sable a Tel-Aviv en ’48 et que personne ne vivait ici. « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre », le bon vieil argument sioniste. « De toute facon, ce pays ne leurs a jamais appartenu puisque, déjà avant ’48, ils étaient sous occupation ottomane, puis sous mandat britannique. Et puis, en 47, l’ONU leur a propose un plan de partage, les Israéliens l’ont acceptes, les Palestiniens pas… » J’ai essaye de lui faire comprendre que ce n’etait tout simplement pas acceptable a l’epoque. « Imagine que l’ONU donne aujourd’hui la moitie d’Israel aux survivants du Darfour, sans que les Israeliens soient concertes. L’accepteraient-ils ? » La discussion s’est conclue sur un « ouais, desole, c’est peut-etre injuste mais c’est la guerre. La guerre est injuste et il faut choisir son camp. »
Il ne s’agit pas de guerre mais d’occupation. Un peuple, soutenu par la communaute internationale, en oppresse un autre. Tsvika veut faire des films et des documentaires pour la paix… Mais la paix, elle est entre les mains de son gouvernement. C’est le plus fort qui doit faire le pas. C’est pourtant toujours aux Palestiniens que l’on demande des efforts.
Voila, on etait pas d’accord mais au moins il y a eu moyen de discuter. Et je me suis rendue compte a quel point ils etaient endoctrines. Tsvika est par exemple persuade que le probleme majeur c’est que les Palestiniens les haissent. Ce n’est vraiment pas ce que je constate ici. Quand je parle avec les gens, ils finissent 9 fois sur 10 par me dire que tout ce qu’ils veulent c’est vivre normalement, avoir une vie decente. Ils ne detestent pas les Israeliens, ils detestent leur gouvernement et sa politique sioniste, il detestent les soldats, « mais les gens normaux, on n’a rien contre eux ». J’ai d’ailleurs souvent envie de leur repondre que la quasi totalite de ces « gens normaux » ont fait leur service militaire, mais je me retiens.
La ou je suis d’accord avec Tsvika, c’est que c’est l’Europe qui a permis aux juifs du monde entier de s’installer la. C’etait une belle connerie qu’il serait temps d’essayer de rattraper. Pas en expulsant tous les Israeliens, ce seraient faire la meme betise et ce serait injuste, mais en choisissant une position ferme qui viserait a donner un pays aux Palestiniens aussi, a stopper les colonies et cette politique d’apartheid.
Ce soir-la, j’ai aussi revu Moran, « l’anarchiste contre le mur » que j’avais rencontre a Assira. Autre son de cloche… Lui il est vraiment en desaccord total avec la politique de son gouvernement et il le fait savoir. Il m’a aussi raconte son enfance dans un Kibboutz et les sequelles qu’il en gardait. Bonne soire !
Ci-dessus, le son des vagues de Tel-Aviv… parce que ca fonctionne toujours !
Et puis, quand je suis rentree, on a fait une super fete avec les « boys » pour presenter leur reportage radio sur les droits de l’enfant en Palestine. Ils m’en parlaient depuis des semaines. On a fait un pavé (petits beurres trempes dans du lait, chocolat fondu, petit beurre, chocolat, petit beu…) et ils s’etaient fait super beaux parce qu’ils y avaient les fiiiilles aussi ! Toutes en rose, super appretees, super jolies. Mais attention, c’etaient pas une boum, interdiction de danser !
Ecoutez leur reportage, ca vaut vraiment le coup. Je leurs ai pour finir « vendu » Mickael Jackson pour finir le truc en beaute, mais si quelqu’un a une idee encore plus kitch, je suis preneuse…
Depuis une petite semaine, j’ai commence avec quatre d’entre-eux (ceux qui sont inscrits a Alrowwad) un stage radio intensif, parce que maintenant, Alrowwad a du materiel ! C’etait le cadeau de mon pere quand il est venu ici, leur offrir un MD, un micro, un casque, et tout ce qu’il faut pour qu’ils puissent continuer quand je serais partie. Merci papa !!!
Ils ont choisi de faire un petit reportage qu’ils ont deja intitule « Les falafelles, la nourriture nationale » ! Demain, je leurs explique comment monter leurs sons et vu comme ils sont doues en informatique, ca ne devrait pas poser trop de problèmes.
Et puis le Tom débarque du Caire le 14 normalement… on s’était promis qu’on irait flotter dans la mer morte tous les deux ! Il va probablement rester ici une semaine après que je sois partie et continuer l’atelier radio, histoire qu’ils aient vraiment une bonne base.
Menchoufkum!
29 mai 2006
27 mai 2006
Naplouse, Asira, Ramallah, et toujours les check-points...
Qu'est-ce que c'est beau Naplouse! C'est vraiment une ville a part. Ses grands boulevards, ses vieilles maisons et ses jardins, on y ressent tres fort l'influence ottomane. Il y a une petite touche italienne aussi...
Ca faisait longtemps que je voulais y retourner, j'ai enfin trouve un moment!
J'y ai rencontre le representant du Conseil National Palestinien de l'OLP pour la Cisjordanie. Il etait super interressant. L'occasion de lui poser quelques questions sur la situation politique.
Je pense que vous entendez beaucoup parler en Europe du conflit a Gaza entre le Fatah et le Hamas. Il confirmait l'impression que j'avais que les medias occidentaux ont un petit peu trop tendance a se focaliser la-dessus. Je ne vois rien de tout ca dans mes escapades en Cisjordanie, et tous ceux avec qui j'en parle trouvent ca debile. Mais le danger si la situation continue a s'aggraver, c'est que le conflit s'importe ici et divise la societe palestinienne.
Diviser pour mieux regnier... On peut se demander a qui cela serait benefique...
Je vois un paralelle a faire avec la situation Chretiens-Musulmans de Bethleem. J'avais lu avant de partir que c'etait difficle ici entre les deux communautes. Alors oui, il y a quelques histoires... Mais une fois de plus, tous les gens avec qui je parle, musulmans ou chretiens, me disent "non, ils sont comme nous, on est dans la meme galere, on se respecte et on s'apprecie". Et ca, je le vois. Par exemple, beaucoup d'enfants musulmans sont inscrits dans des ecoles chretiennes parce qu'elles sont d'un tres bon niveau. Il y a aussi des ecoles "mixtes", ou les enfants changent de classe uniquement pour le cours de religion.
Je crois que je vous ai aussi raconte comment on avait ete souhaiter une joyeuse Paques a Rania, la psychologue d'Al-Rowwad, avec Ibrahim et Mazen. Apres avoir mange des oeufs en chocolat, Mazen s'est leve pour aller prier derriere le canape du salon alors que le Muezzin entamait l'appel a la priere. C'est passe completement inapercu, c'etait juste normal... Et moi j'etais epatee.
Ici aussi, je pense qu'Israel a interet a ce que les Palestiniens se desolidarisent. Creer un conflit entre Chretiens et Musulmans et pourquoi pas une petite guerre civile? Mais L'union fait la force, non?
Bref, revenons a cet entretien avec le representant du Conseil National Palestinien, dont je ne retrouve plus le nom... (mais je promets d'y remedier!).
On a bien sur parle des politiques americaine et europeenne en Palestine. Selon lui, c'est le processus democratique qui est le premier a en payer les consequences, pas les extremistes. En clair, supprimer tous les fonds au gouvernement palestinien ne peut qu'encourager les Palestiniens a voter plus radicalement.
Quant a d'eventuelles elections anticipees, elles ne feraient qu'envenimer la situation.
Il pense neanmoins que cela devrait arriver un jour ou l'autre. Techniquement, le President de l'Autorite Palestinienne (Abou Mazen) peut decider de les organiser meme s'il vaudrait mieux que cela se decide d'abord entre les principaux partis.
Et puis j'ai aussi rencontre Kanaan, qui vit dans le village d'Asira, a dix minutes de Naplouse. L'armee israelienne est en train d'y confisquer des dizaines d'hectares de terrain. C'est tres beau la-bas. Le village vivait essentiellement de la culture d'olives mais aujourd'hui, les paysans ne peuvent plus rien exporter, pas meme jusqu'a Naplouse. Il n'y a que 5 taxis qui sont autorises a passer le check-point. C'est le seul moyen de sortir du village...
Le lendemain, le maire d'Asira voulait aller remettre une lettre aux soldats, leurs signifiant que ce qu'ils s'appretaient a faire etait contraire au droit international. On etait plusieurs " internationaux" a y aller. Bien sur, le sergent n'est jamais venu meme si le rendez-vous etait pris de longue date... Ils nous on fait attendre deux heures en plein soleil.
Il y avait aussi un groupe d'Israeliens : "The anarchists against the wall". En fait, ils n'ont rien d'anarchistes, ce sont les medias qui leurs ont donne ce nom-la. J'ai un petit peu parle avec Mouran. Il n'a pas fait son service militaire mais il n'a pas ete en prison. Il s'est fait passe pour malade mentale je crois... C'etait interressant, il me disait qu'il ne comprennait pas comment ces jeunes soldats pouvaient s'infliger ca. Comment pourront-ils vivre normalement apres toutes les atrocites et les humiliations qu'ils font subir aux Palestiniens.
Je vais a Tel-Aviv le 1 juin (pour aller chercher mon pere qui vient pour quelques jours) et on a prevu de s'y retrouver...
A Naplouse, je dormais dans le camp de refugies de Balata, le plus grand de Cisjordanie (20 000 habitants). Rien a voir avec Aida, "mon camp", encore beaucoup plus tendu...
J'ai aussi passe une apres-midi a la Societe de la Femme Active Palestinienne. C'est une association qui se bat pour le respect des droits des femmes en Palestine. Elles ont des bureaux un peu partout en Cisjordanie et a Gaza et enormement de projets interessants, notamment un programme d'education civique visant a inciter les femmes a aller voter lors des elections et meme a se porter candidates. Elle contribuent aussi au developpement de lois qui garantissent l'egalite des sexes, offrent des opportunites de travail aux femmes pour leur permettre de participer aux activites economiques.Elles ont aussi une cellule de soutien psycholgique pour les femmes, premieres victimes, avec les enfants, de l'occupation, etc.
Ca faisait longtemps que je voulais y retourner, j'ai enfin trouve un moment!
J'y ai rencontre le representant du Conseil National Palestinien de l'OLP pour la Cisjordanie. Il etait super interressant. L'occasion de lui poser quelques questions sur la situation politique.
Je pense que vous entendez beaucoup parler en Europe du conflit a Gaza entre le Fatah et le Hamas. Il confirmait l'impression que j'avais que les medias occidentaux ont un petit peu trop tendance a se focaliser la-dessus. Je ne vois rien de tout ca dans mes escapades en Cisjordanie, et tous ceux avec qui j'en parle trouvent ca debile. Mais le danger si la situation continue a s'aggraver, c'est que le conflit s'importe ici et divise la societe palestinienne.
Diviser pour mieux regnier... On peut se demander a qui cela serait benefique...
Je vois un paralelle a faire avec la situation Chretiens-Musulmans de Bethleem. J'avais lu avant de partir que c'etait difficle ici entre les deux communautes. Alors oui, il y a quelques histoires... Mais une fois de plus, tous les gens avec qui je parle, musulmans ou chretiens, me disent "non, ils sont comme nous, on est dans la meme galere, on se respecte et on s'apprecie". Et ca, je le vois. Par exemple, beaucoup d'enfants musulmans sont inscrits dans des ecoles chretiennes parce qu'elles sont d'un tres bon niveau. Il y a aussi des ecoles "mixtes", ou les enfants changent de classe uniquement pour le cours de religion.
Je crois que je vous ai aussi raconte comment on avait ete souhaiter une joyeuse Paques a Rania, la psychologue d'Al-Rowwad, avec Ibrahim et Mazen. Apres avoir mange des oeufs en chocolat, Mazen s'est leve pour aller prier derriere le canape du salon alors que le Muezzin entamait l'appel a la priere. C'est passe completement inapercu, c'etait juste normal... Et moi j'etais epatee.
Ici aussi, je pense qu'Israel a interet a ce que les Palestiniens se desolidarisent. Creer un conflit entre Chretiens et Musulmans et pourquoi pas une petite guerre civile? Mais L'union fait la force, non?
Bref, revenons a cet entretien avec le representant du Conseil National Palestinien, dont je ne retrouve plus le nom... (mais je promets d'y remedier!).
On a bien sur parle des politiques americaine et europeenne en Palestine. Selon lui, c'est le processus democratique qui est le premier a en payer les consequences, pas les extremistes. En clair, supprimer tous les fonds au gouvernement palestinien ne peut qu'encourager les Palestiniens a voter plus radicalement.
Quant a d'eventuelles elections anticipees, elles ne feraient qu'envenimer la situation.
Il pense neanmoins que cela devrait arriver un jour ou l'autre. Techniquement, le President de l'Autorite Palestinienne (Abou Mazen) peut decider de les organiser meme s'il vaudrait mieux que cela se decide d'abord entre les principaux partis.
Et puis j'ai aussi rencontre Kanaan, qui vit dans le village d'Asira, a dix minutes de Naplouse. L'armee israelienne est en train d'y confisquer des dizaines d'hectares de terrain. C'est tres beau la-bas. Le village vivait essentiellement de la culture d'olives mais aujourd'hui, les paysans ne peuvent plus rien exporter, pas meme jusqu'a Naplouse. Il n'y a que 5 taxis qui sont autorises a passer le check-point. C'est le seul moyen de sortir du village...
Le lendemain, le maire d'Asira voulait aller remettre une lettre aux soldats, leurs signifiant que ce qu'ils s'appretaient a faire etait contraire au droit international. On etait plusieurs " internationaux" a y aller. Bien sur, le sergent n'est jamais venu meme si le rendez-vous etait pris de longue date... Ils nous on fait attendre deux heures en plein soleil.
Il y avait aussi un groupe d'Israeliens : "The anarchists against the wall". En fait, ils n'ont rien d'anarchistes, ce sont les medias qui leurs ont donne ce nom-la. J'ai un petit peu parle avec Mouran. Il n'a pas fait son service militaire mais il n'a pas ete en prison. Il s'est fait passe pour malade mentale je crois... C'etait interressant, il me disait qu'il ne comprennait pas comment ces jeunes soldats pouvaient s'infliger ca. Comment pourront-ils vivre normalement apres toutes les atrocites et les humiliations qu'ils font subir aux Palestiniens.
Je vais a Tel-Aviv le 1 juin (pour aller chercher mon pere qui vient pour quelques jours) et on a prevu de s'y retrouver...
A Naplouse, je dormais dans le camp de refugies de Balata, le plus grand de Cisjordanie (20 000 habitants). Rien a voir avec Aida, "mon camp", encore beaucoup plus tendu...
J'ai aussi passe une apres-midi a la Societe de la Femme Active Palestinienne. C'est une association qui se bat pour le respect des droits des femmes en Palestine. Elles ont des bureaux un peu partout en Cisjordanie et a Gaza et enormement de projets interessants, notamment un programme d'education civique visant a inciter les femmes a aller voter lors des elections et meme a se porter candidates. Elle contribuent aussi au developpement de lois qui garantissent l'egalite des sexes, offrent des opportunites de travail aux femmes pour leur permettre de participer aux activites economiques.Elles ont aussi une cellule de soutien psycholgique pour les femmes, premieres victimes, avec les enfants, de l'occupation, etc.
L'esprit etait tres different de celui du feminisme acharne que l'on trouve souvent en Europe... Leur slogan c'est: The men, their rights, and nothing more. The women, their rights, and nothing less. Ca m'a plu!
En rentrant de Naplouse, j'ai passe la nuit a Ramallah. C'etait juste le soir des attentats israeliens qui ont fait 4 morts et 35 blesses. La ville etait en deuil. Ramallah d'habitude si animee jusque tard dans la nuit, etait completement deserte...
Faire une "operation commandos" en plein apres-midi, en plein centre de la ville, c'est du delire. Qu'on ne vienne pas parler apres d'attentats cibles. Dans Ha'aretz, ils ecrivaient que les soldats avaient juste tires en l'air! Les Palestiniens volent, c'est bien connus.
J'ai mis a peu pres 5h le lendemain pour rentrer a Bethleem. Ils avaient installes des checks-points partout.
Je commence a etre fatiguee par ces trajets interminables... Tout est complique ici. Et c'est beaucoup plus facile pour moi avec mon petit passeport bordeau.
Rowa, mon amie palestinienne qui vit a Bethleem, me racontait qu'il y a trois jours, c'etait "Jerusalem Day". Il y avait d'enormes drapeaux israeliens suspendus porte de Damas (la principale porte pour rentrer dans le quartier arabe de Jerusalem, celle qui mene au souc) et des colons sur des chars qui chantaient des chants sionnistes. Avec une amie suisse, elles ont ecris sur un carton: "Jerusalem doit aussi etre la capitale des Palestiniens". Elles se sont assises, sans dire un mot. Tres vite, des policiers leurs ont prie de degage le terrain, leurs disant que c'etait de la provocation (!!!) et que si elles ne partaient pas d'elles-meme, ils seraient obliges d'utiliser la force.
Heureusement que Rowa ressemble plus a une Espagnole qu'a une Palestinienne parce qu'elle risquait un petit sejour en prison pour ca.
Sinon, depuis quelques jours, je me fait reveillee par le muezzin vers 4h30 du matin. Et j'aime ca en fait! Je l'imagine tout seul derriere son micro. Et le camp qui dort... J'ai l'impression qu'il se laisse plus aller a cette heure-la. C'est tres beau, c'est comme un chant. A chaque fois je me dis qu'il faudrait que je me leve et que je sorte mon micro. Cette nuit j'essaye!
Et puis je vous mets aussi quelques photos de chameaux.
On a ete marche dans le desert. On voulait voir la mer morte. On devait marcher 4h, on a marche 10h!!! Notre guide n'etait manifestement pas un bon guide... C'etait comme dans un film. Perdus dans le desert, plus d'eau, un troupeau de chameaux, le pick-up qui vient nous chercher qui tombe en panne... Mais c'etait super beau!
N'empeche qu'il s'en est fallu de peu pour qu'on passe la nuit dans le desert avec le froid, les loups (?), les soldats israeliens qui controlent la zone et quelques colons qui visiblement tirent sur tout ce qui bougent. C'etait exactement comme dans la BD "Le Photographe", pour ceux qui l'ont lu.
Bref, je n'ai toujours pas goute a l'eau salee...



























